Mardi 22 mars 2005
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Hier, lundi 21 mars 2005, j'avais dix-sept ans. Ce qui me cotoyent un peu (beaucoup ?) sur msn savent que je fais un décompte depuis... 40 jours environ. Eh bien hier matin, marquer : "[18 ans - 1 jour]", ça m'a fait... bizarre...
J'avais une grosse boule dans la gorge. Je n'avais aucune force. Toute la journée j'ai presque eu les larmes aux yeux. J'ai cru que j'allais pleurer (sachant que je ne sais pas pleurer. Ca paraît bête mais c'est comme ça =_= La dernière fois que j'ai vraiment pleuré, je crois que c'est quand Gwenel nous a anoncé qu'elle allait quitter le CIA).
Vous savez quoi ? C'était idiot mais j'avais peur. J'ai toujours voulu avoir dix-huit ans. Quand j'avais des problèmes avec mes parents et que je m'écroulais sur mon lit en pleurant de rage (ouais, je pleure quand je suis en colère par contre ^^"""), je me consolais en me disant "de toute façon, à 18 ans, je pourrais partir de chez moi. A 18 ans, je serais enfin heureuse." Et là... eh bien j'allais avoir 18 ans. J'étais toujours chez moi, et devais le rester jusqu'à début septembre (et encore, si tout se passe comme prévu). Alors j'ai pensé (ça devrait être interdit >_<). J'ai pensé à ce que je voulais être quand j'étais gamine, à la version idéale que je voyais quand je m'imaginais à 18 ans... j'ai pensé à tout ce à quoi j'avais échoué de devenir... tout ce que j'avais voulu être et que je ne suis pas.
C'est une très mauvaise habitude que j'ai, de faire des bilans aux dates importantes. C'est ainsi que je suis toujours déprimée les premier janvier, parce que je repense à tout ce qui s'est passé pendant l'année. Et parce que, dans ce genre de rétrosprections, ce sont surtout les mauvais souvenirs qui ressurgissent.
Bref, je suis allée en cours d'Informatique, j'ai pas séché finalement, mais j'avais prévu du travail à faire. J'ai écris une lettre à Isabelle en html, pour m'occuper. Il faisait chaud. Très chaud. J'étais toute faible physiquement pour une raison extérieur, et j'avais l'impression d'être sur le point de m'évanouir. J'ai hésité à aller au cours suivant, puisque ce n'était qu'un cours à côté, qui ne sert à rien dans la formation et n'est pas évalué. A la fin du cours je me suis levée, je me sentais mal, j'avais les larmes aux yeux. Je suis sortie dehors pour respirer. Au moment où j'ai mis le pied dehors, où j'ai senti le vent frais sur mon visage, où j'ai commencé à ressentir ce qu'il y avait autour de moi, j'ai su que je ne remonterai pas pour aller en cours. Je me suis achetée un chausson aux pommes, j'ai marché un peu... et puis je suis allée m'allonger sous un arbre mort, près de la B.U. J'ai étalé mon manteau, je me suis roulée en boule dessus, je me suis prise dans mes propres bras et j'ai regardé dans le vide... J'ai envoyé un texto à Isabelle, pour un prétexte qui n'en était pas un... je voulais un mot gentil, n'importe quoi, là, tout de suite. Et je suis restée là, comme une conne, allongée sur l'herbe, accrochée à mon portable comme à une bouée de sauvetage, en fixant l'écran comme si c'était la seule chose importante au monde. Je suis restée là, alors qu'il commençait à pleuvoir... je n'avais pas l'énergie de me lever. Et les regards bizarres que me lançaient tout ceux qui passaient ne me faisaient ni chaud ni froid.
Et c'est là que... j'ai vu Inco ^^ qui allait en cours de japonais avec sa meilleure amie. les deux filles m'avaient d'abord prises pour un clodo (^^"), mais Inco a reconnu mon pantalon... on a parlé un peu, on a déconné, ça m'a fait du bien de rire bêtement. Quand elles sont parties j'étais debout, prête à bouger. J'ai regardé mon portable et j'avais une réponse d'Isabelle, qui m'invitait au cinéma avec elle pour le lendemain. ^^
Je suis rentrée chez moi, j'ai mangé, et puis j'ai apellé Isabelle pour qu'on s'organise. On a parlé un peu, j'ai essayé de la retenir au téléphone mais elle a raccroché assez rapidemment, au bout d'une demie-heure. Il était 21h30, et je regardais l'horloge avec angoisse. J'étais persuadée que j'allais éclater en sanglots à minuit. Alors je me suis plongée dans mon travail, j'ai rattrapé toute mon histoire des religions. J'ai relevé la tête, il était 23h30. J'étais extrêmement angoissée, j'ai quasiment passé une demie-heure à regarder les minutes avancer. Je faisais autre chose à côté, mais c'était plus un prétexte.
Et puis il a été minuit. J'ai regardé sans trop y croire le "mardi 22 mars 2005" qui s'affichait sur mon ordinateuret sur mon portable. Je me suis levée, la tête vide, comme une automate. Je me suis couchée, et je me suis dit, pour la première fois : "j'ai dix-huit ans." Et alors, j'ai éclaté en crise de... gloussements. Disparu la déprime idiote, je me roulais dans mon lit avec un sourire crétin aux lèvres, en pensant à tout ce que j'allais enfin pouvoir faire, à tout ce qui commençait et que j'attendais avec impatiente.
Je me suis couchée heureuse, heureuse d'être majeure, et heureuse de voir Isabelle le lendemain.
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